Le réseau électrique français sous tension cet hiver

07.02.2022 | Le gestionnaire RTE reste vigilant jusqu’à la fin de l’hiver : la tension sur le réseau électrique est toujours d’actualité bien que “les prévisions météo sur la période sont favorables”.

Un risque mesuré sur l’approvisionnement

Le RTE, gestionnaire principale du réseau électrique en France, avait annoncé en novembre dernier faire preuve d’une vigilance accrue pendant l’hiver. En cause, une hausse saisonnière de la demande d’électricité couplée à des risques de vagues de froid ainsi qu’une indisponibilité d’une partie du parc nucléaire.

La vigilance est renouvelée en ce début de mois de février, sans grande surprise. Le prolongement de l’arrêt de 4 des plus puissants réacteurs du parc nucléaire français, bien que malheureux, entrait dans les prévisions du gestionnaire. Son diagnostic de novembre reste donc inchangé.

Les prévisions sur le très court terme sont même plutôt optimistes : la météo n’annonce aucune grande vague de froid bien que “les températures observées se sont situées généralement en dessous des normales saisonnières”, note le gestionnaire du réseau électrique.
En l’absence de vague de grand froid, le risque de délestage est amoindri.


Qu’est-ce que le délestage électrique ?
Il s’agit d’une mesure visant à couper temporairement la fourniture d’électricité dans une zone donnée pour permettre à tout le réseau électrique de retrouver un équilibre entre l’offre en énergie et la demande des consommateurs.


Les prévisions météorologiques sont cependant moins fiables sur le plus long terme et le RTE n’a aucune certitude concernant la fin de la saison.

Les causes de la tension du réseau électrique

Le gestionnaire réseau se veut rassurant, mais met tout de même en garde : “On est sur un risque (de manque d’électricité, NDLR) qui est maîtrisé, pour autant il faut bien se dire que la disponibilité de notre parc de production pendant cet hiver de manière générale est extrêmement contrainte” souligne le directeur de la stratégie et de la prospective, Thomas Veyrenc.

Sur un parc de 56 réacteurs, 10 étaient à l’arrêt en janvier, ce qui représentait presque 20% de la capacité de production. Vendredi dernier, ils n’étaient plus que neuf, ce qui ne soulage malheureusement pas assez la tension sur le réseau.
De plus, certains de ces réacteurs comme ceux des centrales de Civaux, de Chooz et de Penly sont à l’arrêt à cause d’un problème de corrosion détecté récemment. Ce problème inattendu paralyse donc une partie des réacteurs qui devrait normalement fournir de l’électricité au réseau. Le RTE note que les répercussions de ces arrêts iront au-delà de cet hiver 2022.

Ces arrêts surprise s’ajoutent au calendrier de l’indisponibilité chronique des centrales. Les prévisions du gestionnaire de réseau électrique sont les suivantes : “À court terme, elle sera de l’ordre de 50 GW tout début février puis diminuera progressivement pour s’établir entre 38 et 46 GW à la fin du mois, se rapprochant des niveaux de l’hiver dernier”.

La disponibilité du parc nucléaire est historiquement basse cette année et a pour conséquence qu’un décret est passé pour permettre l’augmentation temporaire des plafonds de production des centrales à charbon.
En cas de fort déséquilibre sur le réseau électrique, des mesures d’interruption des grands consommateurs sont prévues et des coupures de délestage sont toujours possibles.

Sources : Les Échos, Connaissance des énergies

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