Ralentissement nucléaire : les conséquences sur le gaz russe

28.03.2022 | Depuis le début de l’année, la France connait un ralentissement nucléaire important causé par l’arrêt de plusieurs centrales majeures dans le parc. En pleine crise russo-ukrainienne où la question de la dépendance au gaz russe est sur la table, cette baisse de production a des conséquences.

Effondrement de la production

Selon un expert du secteur interrogé par Montel News “On sous-estime complètement la piètre sous-performance du nucléaire dans cette crise […] Si le nucléaire tournait comme il y a quelques années, je pense que nous serions capables de dire à Monsieur Poutine que nous avons moins besoin de son gaz et fatalement les prix seraient beaucoup plus bas”.

Avec un parc nucléaire de 56 réacteurs pour une puissance de 61,4 Gigawatts, la France détient la deuxième plus grande capacité de production au monde. Cependant, avec la mise en arrêt d’une dizaine de réacteurs en 2022, le niveau de cette production a atteint son plus bas depuis ces 30 dernières années. La faute à un planning de maintenance décalé à cause du Covid-19 ainsi qu’à des problèmes de corrosion inattendus et inédits.
La production qui, en 2015, s’élevait à 417 TWh, est passée à 361 TWh l’année dernière et les prévisions d’EDF pour 2022 sont de 295 à 315 TWh. Un ralentissement nucléaire considérable et qui n’est pas sans conséquences puisque, pour pallier le manque d’énergie produite, ce sont les centrales au gaz qui prennent le relai. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, leur production a triplé jusqu’à atteindre 33 TWh.

La France, qui exportait son électricité chez ses voisins européens, s’est retrouvée contrainte d’importer sur les mois de novembre à janvier ainsi que depuis le début du mois de mars. Des importations qui ont stimulé la consommation de gaz dans les pays qui nous on fournit, augmentant encore les volumes demandés par l’Europe à son importateur principal : la Russie.

Le gaz russe face au ralentissement nucléaire

Le parc nucléaire français a été développé dans les années 70 pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures suite à la crise pétrolière. Mais comme le souligne l’expert interrogé par Montel New : “Avec la guerre en Ukraine, le nucléaire démontre qu’il ne joue pas le rôle qui lui a été assigné”.
Bien qu’EDF assure qu’il fera tout pour réduire les temps de maintenance et rouvrir les centrales concernées par le problème de corrosion, cependant, avec le vieillissement des centrales et le renforcement des exigences de sûreté, la capacité de production ne remontera pas si facilement.

La guerre en Ukraine entrainant une volonté de l’UE de sortir de sa dépendance au gaz Russe, l’augmentation de la demande en gaz rend cet effort difficile à tenir. Bien que la France n’importe que 17% de son gaz depuis la Russie, elle souhaite réduire de deux tiers cette quantité d’ici à la fin de l’année. Un pari qui semble presque impossible puisqu’il n’existe que trop peu d’alternatives au gaz russe et que les énergies renouvelables ne sont pas encore assez développées pour prendre pleinement la relève.

Source : Montel News

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