Ralentissement industriel pour la France causé par la hausse des prix de l’énergie

23.09.2021 | Tandis que beaucoup attendent avec inquiétude la révision du TRV en février 2022, l’augmentation des prix des énergies cause dès aujourd’hui un ralentissement industriel préoccupant en France. Une situation qui pourrait prendre de l’ampleur cet hiver et avoir des conséquences économiques sur le long terme.

Les industries déjà touchées par la hausse des prix

Contrairement aux particuliers, les industries n’ont pas à attendre février pour subir déjà la hausse des prix de l’énergie. Et cette augmentation impacte directement la production de certaines d’entre elles.

Le PDG des pâtes alimentaire Grand’Mère, Philippe Heimburger, a déclaré que la hausse des prix de l’énergie représentait environs 2 à 3 centimes supplémentaires par kilo de pâtes produites, ce qui “remet en cause des projets d’entreprise”.
Pour le groupe de fertilisants Yara, c’est le choix d’une diminution de la production qui a été fait, en particulier pour son usine située près du Havre. La reprise de l’activité dépendra de l’évolution du prix du gaz, selon la responsable de la communication de l’entreprise.

Lorsqu’il a été interrogé sur le sujet, Gildas Barreyre de l’Uniden a déclaré : “Avec un prix de base à EUR 175/MWh cet hiver, certains industriels nous disent clairement qu’ils vont étendre leur période de maintenance et/ou arrêter leur activité sur des périodes de pic [de prix de l’électricité]”.
L’Uniden regroupe parmi les industries les plus énergivores telles que l’agroalimentaire, la papeterie, l’automobile ou la chimie. Autant d’acteurs de l’économie française qui s’interrogent sur la stratégie à adopter face à cette flambée des prix du gaz et de l’électricité qui pèse durement sur leur activité.

Deux courants sont ainsi apparus parmi les industriels :

  • ● Réduire leur activité pour consommer moins jusqu’à ce que les prix baissent ou qu’une mesure soit prise par le gouvernement.
  • ● Étendre les périodes de maintenance, ce que certains ont déjà fait cet été et qui se reproduira pendant l’hiver.

Une attitude compréhensible face à des prix toujours en hausse.
Pour l’électricité, des contrats pour 2022 s’échangent autour de 109€/MWh alors qu’ils étaient aux environs de 46€/MWh au début de l’année 2021.
Le prix TTF du gaz, pour sa part, a tout simplement quadruplé pour cet hiver en dépassant les 73€/MWh.

Gildas Barreyre estime que cette hausse affolante des prix de l’énergie devrait coûter plus ou moins 1 milliard d’euros aux industries électro-intensives pour 2022. Cela représente ⅓ de leur facture d’électricité.

Bien que ces industries aient recours à des contrats à long terme et puissent bénéficier des prix fixes de l’ARENH, 20% du volume de leur énergie est acheté au prix de gros, selon leur association. Et ce volume pourrait passer à 40% en 2025 à cause de la forte demande et des limitations d’ARENH disponibles à l’achat (100TWh/an).
Avec des prix de gros en constante augmentation ces derniers mois, l’on comprend mieux pourquoi les industries souffrent autant de la hausse et redoutent qu’elle se poursuive. Le ralentissement industriel semble inévitable.

Quelles conséquences au ralentissement industriel ?

Pour certains industriels, la situation est tout simplement intenable. Sans marge de manœuvre pour rattraper les coûts de l’énergie, il va falloir adopter des stratégies à court terme pour garder la tête hors de l’eau et envisager des changements en profondeur à moyen ou long terme si la hausse se maintient.

Des demandes sont faites auprès du gouvernement pour que le plafond de l’ARENH soit augmenté à 150 TWh, au moins pour l’année 2022. Il est aussi demandé de penser à des contrats d’approvisionnement à long terme qui présenteraient des prix plus compétitifs avant la période d’expiration du mécanisme d’ARENH, prévue pour 2025.

Malheureusement, le gouvernement n’a pour l’instant pas donné son accord, faute d’obtenir celui de la Commission européenne pour augmenter le volume ou le prix de l’ARENH.
La conséquence à plus long terme de cette situation pourrait être la délocalisation de nos industries. Une situation périlleuse pour notre économie, mais face à l’Asie où la tonne de CO2 est à 9€ contre 60€ en Europe, la question de la compétitivité pourrait devenir un problème, comme le souligne Henri Reboullet, PDG de Vattenfall France.

Source : Montel news

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