Projet Hercule : inquiétudes autour d’EDF qui chute en Bourse

Si le projet Hercule fait peur à une majorité des effectifs d’EDF, il est tout aussi craint des traders, pour qui le groupe n’offre plus autant de garanties en termes d’investissements. Les actions de l’énergéticien français ont chuté jusqu’à 18% durant la journée du lundi 25 janvier !

Pire décote du cours de l’action depuis mars 2020

Le fournisseur historique accuse le coup et malgré un coup de pouce du gouvernement faisant remonter ses actions à 15% à 10,50 euros à la fin de la journée, il n’a plus vraiment la cote. En effet, il faut remonter à mars 2020 pour retrouver des actions aussi basses. Cette chute est survenue suite à une annonce de BFM Business, le matin même, selon laquelle les négociations entre la Commission européenne, en particulier avec sa présidente Ursula Von Der Leyen, et la France sont difficiles, pour ne pas dire sérieusement menacées.

« Une posture de négociation dure »

Mi-janvier, à l’occasion d’une nouvelle réunion autour du projet Hercule, la présidente de la Commission européenne aurait, selon BFM Business, « adopté une posture de négociation dure ». Elle serait intransigeante avec la France au sujet de la hausse de 20% du prix de l’électricité nucléaire produite et vendue par EDF. Intransigeante, sauf si le gouvernement met le démantèlement du groupe en trois entités distinctes dans la balance, une exigence de Bruxelles à laquelle l’Élysée refuse d’accéder. De surcroît, Bruxelles demanderait six mois de pourparlers supplémentaires. Nenni pour la France qui juge que le délai serait trop long en vue d’un vote de la réforme Hercule au Parlement, fin 2021. 

Un projet Hercule sérieusement menacé

Le projet Hercule ne risque pas de voir le jour dans les prochains mois alors que l’échéance est repoussée à… 2023. Ce projet, initialement prévu pour donner plus de moyens financiers au fournisseur historique dans le cadre de la construction de nouveaux réacteurs, prend donc du plomb dans l’aile, devenant moins populaire que jamais. Un temps approuvée par le gouvernement, la réforme s’attire de moins en moins ses faveurs, à l’heure où la grogne prend encore plus d’ampleur au sein des syndicats d’EDF qui appellent à une grève de 24 heures, le 4 février prochain. Une autre mobilisation est prévue pour le 10 février, date choisie par les syndicats à laquelle sera auditionné Jean-Bernard Levy, le PDG EDF. Sacré timing. 

L’un des affichages de sensibilisation créés dans le cadre de la campagne d’alerte lancée par les syndicats EDF (Source : CSEA EDF SA)

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