Production nucléaire en berne : EDF abaisse encore ses prévisions

08.02.2022 | Le problème de corrosion constaté sur certains réacteurs en début d’année a forcé EDF à mener un programme de contrôle sur tout le parc, causant ainsi une baisse de la production nucléaire. Un nouveau manque à gagner pour le fournisseur historique et de nouvelles tensions sur l’approvisionnement cet hiver.

Centrales nucléaires à l’arrêt : quels effets ?

Pour la seconde fois ce mois-ci, EDF a annoncé une baisse dans les prévisions de production nucléaire. Les estimations sont entre 295 et 315 TWh alors qu’elles devraient être comprises entre 300 et 330 TWh.
D’après les données du RTE, si les événements suivent le meilleur des scénarios, on peut espérer que la production arrive au niveau de celle s’il y a… 31 ans. Soit 315 TWh.

De leur côté, EDF continue d’enquêter sur les problèmes de corrosion qui sont à l’origine de cette lente baisse de la production nucléaire en pleine crise de l’énergie. L’énergéticien confirme que “Nous avons poursuivi les investigations sur les réacteurs” et que malheureusement, “cela nous amène à anticiper certains arrêts et à en poursuivre d’autres”. Aucune précision sur la durée de ces arrêts n’a été encore fournie.

Pour 2022, la production devait être de 330 à 360 TWh, malgré une première baisse des estimations le 13 janvier. Le groupe a précisé que celles pour 2023, actuellement situées entre 340 et 370 TWh, seraient réévaluées dès que possible.

Le parc nucléaire français compte 56 réacteurs nucléaires, dont 10 sont actuellement à l’arrêt. Si pour certains il s’agit d’une maintenance planifiée qui n’aurait pas dû impacter la production, un soudain problème de corrosion sur le circuit de sécurité a été constaté sur 5 d’entre eux :

  • ● Le réacteur B2 de la centrale de Chooz dans les Ardennes
  • ● Les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Civaux dans la Vienne
  • ● Le réacteur 1 de la centrale de Penly en Normandie

Pour l’instant, EDF ne sait pas ce qui peut causer cette corrosion et a décidé de mener un réexamen documentaire complet des contrôles effectués dans le passé sur l’ensemble du parc nucléaire. Le problème est jugé comme “un événement sérieux” par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et potentiellement générique.

Production nucléaire et prix de l’électricité

Le risque d’une production nucléaire en baisse est la répercussion sur les prix de l’électricité en Europe. Avec des tarifs records sur le marché de gros en décembre, une légère baisse avait été constatée. Cependant, les prix pourraient repartir à la hausse si la production de nucléaire français venait à reculer encore une fois.

Pour EDF, cela représente aussi un manque à gagner supplémentaire. Déjà contraint par les mesures gouvernementales pour maintenir la hausse à 4% pour les consommateurs et d’augmenter le volume d’ARENH, l’arrêt de plusieurs centrales risque de coûter cher. Autant de dépense que l’énergéticien finira par répercuter sur ses prix aux consommateurs, comme le craignent certains.

Enfin, cette baisse des prévisions de production nucléaire intervient en pleine saison froide, alors que la tension sur le réseau est la plus forte. Le RTE a précisé en fin de semaine dernière maintenir sa vigilance bien que les estimations météorologiques n’annoncent aucune grande vague de froid prochainement.

À l’approche des élections présidentielles et dans un contexte de tension diplomatique avec la Russie qui menace de couper ses exportations de gaz vers l’Europe, l’apparition de ce problème de corrosion tombe bien mal. Les conséquences sur le prix de l’énergie ne sont pas à négliger.

Source : les Echos

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