Les consommateurs français, qu’ils soient ménages ou entreprises, devront se préparer à une augmentation notable de leur facture d’électricité dès 2025. Deux nouvelles mesures fiscales sont sur le point d’être mises en place : une augmentation de la Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Électricité (TICFE) et la création d’une nouvelle taxe sur les producteurs d’électricité, surnommée « taxe EDF ». Ces réformes risquent d’alourdir significativement le coût de l’électricité.
Augmentation de la TICFE : retour aux niveaux d’avant-crise
La TICFE, précédemment connue sous le nom de Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE), avait été temporairement réduite durant la crise énergétique de 2021-2023, passant de 32 € par MWh à seulement 1 € par MWh pour alléger la pression sur les consommateurs. À partir de février 2025, la TICFE reviendra à son taux initial de 32 € par MWh, soit une augmentation de près de 50 % par rapport au niveau actuel de 21 €.
Bien que cette hausse ait été planifiée de longue date, elle intervient au moment où les prix de l’électricité hors taxes devraient, eux, connaître une baisse de 10 à 15 %. Cependant, cette réduction des tarifs ne suffira pas à compenser l’augmentation de la TICFE, et les consommateurs pourraient voir leur facture diminuer de façon très modeste, voire augmenter. Selon les prévisions de Bercy, cette hausse de la TICFE pourrait rapporter jusqu’à 4 milliards d’euros supplémentaires à l’État, destinés à combler le déficit public et à financer des infrastructures énergétiques.
Nouvelle taxe pour EDF : la « taxe EDF »
En plus de la hausse de la TICFE, une nouvelle taxe surnommée la « taxe EDF » est en préparation. Elle ciblera principalement les grandes installations de production d’électricité, telles que les centrales nucléaires et les barrages hydrauliques, domaines où EDF est largement dominant. Cette taxe, qui s’appliquera sur les revenus générés par les installations de plus de 260 mégawatts de capacité, devrait entrer en vigueur début 2025. Le gouvernement espère ainsi générer environ 3 milliards d’euros par an.
Toutefois, cette nouvelle charge fiscale risque, comme souvent dans le secteur de l’énergie, d’être répercutée sur les consommateurs finaux, ce qui pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix de l’électricité.
Quelles répercussions sur les factures ?
L’addition de la hausse de la TICFE et de la nouvelle « taxe EDF » aura des répercussions notables sur les factures d’électricité. Bien que les prix de gros de l’électricité devraient baisser en 2025, les hausses fiscales risquent de neutraliser cette diminution. Les consommateurs pourraient alors bénéficier d’une baisse beaucoup plus faible que celle initialement annoncée, et dans certains cas, voir leur facture augmenter.
Pour les ménages, cette nouvelle hausse arrive dans un contexte d’inflation élevée, réduisant davantage leur pouvoir d’achat. Quant aux entreprises, en particulier celles qui sont les plus énergivores, elles devront faire face à une augmentation de leurs coûts de production, ce qui pourrait affecter leur compétitivité sur le marché.
Le gouvernement Barnier devra donc jongler entre la nécessité de rétablir les finances publiques et l’impact de ces mesures sur les ménages et les entreprises. Les consommateurs, eux, devront se préparer à absorber ces hausses, malgré les promesses initiales de baisses des prix.