Le gouvernement français envisage une nouvelle taxe sur les énergéticiens, principalement dirigée vers EDF, visant à générer jusqu’à 3 milliards d’euros pour l’État.
Alors que les prix de l’électricité sont en baisse et que les investissements dans le nucléaire s’intensifient, cette mesure suscite l’inquiétude chez EDF, confrontée à des choix stratégiques difficiles. Baptisée « taxe EDF », elle toucherait également les actifs d’Engie et de TotalEnergies, mais dans une moindre mesure.
Le principe de cette taxe est simple : elle s’appliquerait sur la puissance électrique installée dépassant 260 MW, impactant principalement les centrales nucléaires et hydroélectriques d’EDF, ainsi que certaines centrales thermiques comme celle de Landivisiau.
Qui serait concerné par cette taxe ?
La taxe viserait les installations de plus de 260 MW, affectant surtout EDF, qui contrôle près de 80 % de la production d’électricité en France avec ses réacteurs nucléaires et barrages hydroélectriques.
Avec un prélèvement de 40 000 €/MW sur ces installations, EDF est la plus concernée, avec une capacité de 61 GW, pour un coût estimé à 2,4 milliards d’euros. Engie et TotalEnergies, bien que moins impactés, devraient verser respectivement environ 102 millions et 106,8 millions d’euros.
Les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, ne sont pas concernées car elles restent en dessous du seuil de 260 MW.
Cette initiative fiscale intervient dans un contexte où la France cherche à combler ses déficits budgétaires. Une précédente tentative, la CRIM, n’avait généré que 300 millions d’euros, loin des 3 à 4 milliards espérés.
Quel impact pour les consommateurs ?
Cette taxe pourrait indirectement peser sur les consommateurs. Selon Fabien Choné, ancien patron de Direct Énergies :
« Plutôt que de payer beaucoup moins, les ménages verront leur facture diminuer légèrement, tandis que l’État prélèvera des fonds sans imposer directement. »
Nicolas Goldberg, expert en énergie, estime que cette taxe augmenterait les coûts des fournisseurs, y compris ceux proposant des tarifs réglementés, impactant ainsi les factures en fonction de la consommation de pointe.
On peut comparer cette mesure à l’augmentation de la taxe d’accise sur l’électricité en février dernier, passée de 1 €/MWh à 21 €/MWh, qui avait provoqué une hausse de 10 % des factures. Une stratégie similaire pourrait être adoptée lors du calcul du tarif réglementé en février prochain.
Que présage cette proposition pour l’avenir du marché de l’énergie ?
Cette taxe pourrait affecter non seulement les acteurs comme EDF et Engie, mais aussi les consommateurs français. Il sera important de suivre de près l’évolution de cette proposition et ses répercussions sur le secteur énergétique et les factures d’électricité.