Gazprom : un bénéfice net en chute libre en 2020 pour le géant russe

Le géant du secteur gazier Gazprom accuse le coup : la société russe voit son bénéfice net de 2020 en chute libre par rapport à celui de 2019.

Un bénéfice net de 2020 près de neuf fois inférieur à celui de 2019

Comme pour nombre de fournisseurs d’énergie tels qu’Engie ou EDF, Gazprom a enregistré une bénéfice net en nette baisse l’année dernière, en raison de la pandémie de Covid-19 qui a elle-même influencé les cours du gaz.

C’est tout le secteur des hydrocarbures qui, de manière générale, a été touché par une baisse drastique de la demande d’énergie et, par extension, des prix principalement en raison des mesures de freinage de l’épidémie qui ont mis un coup d’arrêt au secteur du transport.

Gazprom a annoncé, jeudi 29 avril, un bénéfice net de 135 milliards de roubles (1,496 milliard d’euros au taux de change actuel) en 2020. En 2019, ce chiffre était de 1 203 milliards de roubles.

Le chiffre d’affaires du gazier est, lui aussi, en nette baisse : -17,4 % sur un an à 6 321 milliards de roubles (70,1 milliards d’euros).

La pandémie n’a pas ou peu épargné l’économie à l’échelle mondiale. Gazprom, qui mise également sur ses nombreuses exportations de gaz vers l’Europe, enregistre une baisse de ses envois vers le Vieux continent (dont la Turquie) de 12,1 % en 2020, avec 174,87 milliards de mètres cubes. Par ailleurs, les approvisionnements avec l’Allemagne, principal consommateur de Gazprom, ont eux aussi chuté de 14 % en 2020.

Le groupe contrôlé par l’État russe a aussi dû composer avec les difficultés des sociétés locales qui accusent une dévaluation du rouble, qui a perdu près d’un tiers de sa valeur comparativement aux monnaies occidentales l’année dernière.

Nord Stream 2 en statu quo, l’autre difficulté à gérer pour Gazprom

Pour ne rien arranger, la finalisation du gazoduc russo-allemand Nord Stream 2 a pris du plomb dans l’aile, les opposants au projet (dont les États-Unis et la Pologne) retardant sa finalisation. Rappelons que les incertitudes quant à la fin de la construction du gazoduc se fondent principalement sur une crainte de certains pays européens de voir la dépendance de l’Union européenne et de l’Allemagne vis-à-vis du gaz russe prendre encore plus de poids.

C’est sans compter sur le magazine allemand Der Spiegel qui affirme que le chantier de Nord Stream 2 arrive à son terme et les déclarations du vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, qui déclarait déjà il y a quelques semaines « que malgré les approches destructrices de la part des États-Unis, qui retardent la mise en œuvre de ce projet, celui-ci sera mené à terme. »

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