Futur énergétique de la France : le RTE valide les projets du président pour l’avenir

17.02.2022 | Augmentation de la production en énergie verte, construction de nouveaux réacteurs, le futur énergétique envisagé par Emmanuel Macron se base sur les scénarios proposés par le RTE à l’automne 2021. Et ce dernier affirme qu’il y aurait des bénéfices économiques à ce nouveau mix.

La “feuille de route idéale” à l’horizon 2050

Le 10 février, le président Emmanuel Macron a détaillé ce qu’il considère comme la meilleure route possible pour le futur énergétique de la France sur les 30 prochaines années. En quelques mots, il s’agirait d’une relance du nucléaire avec, entre autre, la construction de nouveaux réacteurs EPR, ainsi qu’un coup d’accélérateur sur les énergies solaires et éoliennes pour leur donner une plus grande part du mix énergétique.

Cette feuille de route s’appuie sur un rapport du RTE dans lequel différents scénarios étaient envisagés. Ce document avait pour but d’apporter des estimations et des éléments de réflexions pour les pouvoirs décisionnaires.
À là fin de ce rapport figurait tout de même une mention, comme le rappel le président directoire du RTE : “[…] nous recommandions qu’il était urgent de se mobiliser et de prendre des orientations concernant la composition de notre futur mix électrique. Nous nous réjouissons donc que des orientations aient été prises.

Le plan de la France pour l’avenir serait donc le suivant : atteindre idéalement 100 GW d’énergie solaire, 40 GW d’énergie éolienne en mer et 40 GW pour l’énergie éolienne sur terre. À cela s’ajouterait environ 25 GW de “nouveau nucléaire”, fournit par les réacteurs EPR2 qui devraient être construits (entre 6 et 14) ainsi que par les réacteurs déjà existants et dont la durée de vie pourrait être prolongée.

Les scénarios RTE pour le futur énergétique

Ce plan de relance de l’énergie nucléaire combiné à une forte augmentation d’énergies décarbonées dans le mix se trouve à mi-chemin entre deux scénarios proposés par le RTE en automne dernier. Ils sont surnommés N2 et N03, le premier comportant 63% d’énergie renouvelable et 36% d’énergie nucléaire, le second faisant 50-50 dans le mix énergétique.

Le président se dirigerait donc vers une “réindustrialisation”, comme modélisée par le RTE, bien que légèrement modifiée. Ces changements n’inquiètent cependant pas le gestionnaire du réseau électrique qui assure que la sécurité de l’approvisionnement ne sera pas du tout remise en cause avec cette feuille de route.
Malgré les quelques modifications voulues par Emmanuel Macron, son plan pour le futur énergétique se base bel et bien sur une estimation du RTE, à savoir une augmentation de la consommation électrique en France d’ici à 2050 et pouvant aller jusqu’à 60% de plus que ce qu’elle est aujourd’hui.

Le remplacement des énergies fossiles est également à l’ordre du jour pour assurer une neutralité carbone au pays d’ici à 30 ans, dans le meilleur des cas.

Combien coûterait de futur énergétique ?

Le scénario présenté par le président et impliquant une “réindustrialisation profonde” signifie que “le système électrique devra être plus gros”, souligne Xavier Piechaczyk, président directoire du RTE. Des travaux pour étendre, adapter et maintenir le réseau seront donc à la charge du gestionnaire et ce dernier n’a pas oublié de faire les comptes.

Selon les scénarios sur lesquels s’est appuyé le président français, le système électrique pourrait varier entre 71 milliards d’euros par an (scénario N2) et 67 milliards d’euros par an (N03).
À titre de comparaison, les dépenses d’investissement dans le mix énergétique en 2020 étaient de 40 milliards d’euros et dans le scénario M0 du RTE qui voudrait que le mix énergétique soit composé de 100% d’énergie verte, il faudrait 86 milliards par an.
Le gestionnaire explique que “Le système électrique est donc très largement finançable et supportable d’ici à 2050”.

Le futur énergétique du pays devrait donc passer par un mix qui laissera une part belle aux énergies renouvelables, mais qui s’appuiera sur le nucléaire afin d’assurer une meilleure autonomie à la France tout en diminuant son empreinte carbone.

 

Source : ActuEnvironnement

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