Exportations de gaz : l’Europe refuse de payer en roubles

30.03.2022 | La Russie, dans une manœuvre pour contrer les sanctions de l’Europe, exige que ses exportations de gaz soient désormais payées en roubles. Une décision à laquelle l’Union Européenne refuse de se soumettre, car jugée “inacceptable”.

L’Europe et les exportations de gaz

Mercredi dernier, la Russie annonçait sa décision de ne plus accepter de payement en dollars ou en euros pour ses livraisons de gaz en direction de l’UE. Le président Vladimir Poutine a demandé à son gouvernement et à la Banque centrale de mettre en place en une semaine un nouveau système afin de rétablir le rouble comme seule monnaie.

Le rouble se trouvant fortement pénalisé par les sanctions européennes depuis le début de la guerre avec l’Ukraine, voilà pourquoi le gouvernement cherche à contrer ces sanctions en renforçant sa monnaie.

Malgré le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie, ainsi que les nombreuses mesures économiques punitives de l’Occident, les exportations de gaz et d’hydrocarbure se poursuivent sans interruptions et en dépit les menaces de coupure volontaire. Si les États-Unis ainsi que l’Angleterre ont déjà décidé d’un embargo sur les hydrocarbures russes, concernant le gaz, la dépendance de l’Europe est encore trop forte pour pouvoir s’en passer.
Cependant, a l’annonce des exigences de Moscou ne sont pas passée auprès du G7 (France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, États-Unis, Canada et Japon).

Lundi, soit presque une semaine après l’annonce de la Russie, le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck a déclaré que “Tous les ministres du G7 sont tombés d’accord sur le fait qu’il s’agissait d’une violation unilatérale et claire des contrats existants (…) ce qui signifie qu’un paiement en roubles n’est pas acceptable”. Il a recommandé aux entreprises concernées par les exportations de gaz de ne pas céder à cette demande.
La Russie est désormais qualifiée de “fournisseur pas fiable” et de nombreux acheteurs en dehors du G7 ont dénoncé cette manœuvre qui, d’après Robert Habeck, est une tentative évidente de “nous diviser”.

La réponse de Moscou

Après cette réplique de l’Occident qui refuse de se plier au rouble et pointe du doigt une violation des contrats en vigueur concernant les livraisons de gaz, Moscou a immédiatement insisté. Dès mardi, le porte-parole du Kremlin a rejeté toutes les critiques qui lui étaient adressées et a avancé que “La situation a changé dans le contexte d’une guerre économique menée contre la Russie”. M Dmitri Peskov a ajouté que, contrairement à ce que le ministre allemand avait dit, “La Russie a toujours été, reste et va rester un fournisseur fiable d’hydrocarbures”.

L’Europe ayant besoin de gaz et d’hydrocarbures, ne peut se défaire immédiatement de toutes les livraisons russes. De l’autre côté de la barrière, l’exploitation et la livraison de gaz et de pétrole représente une part importante du marché russe qui souffrirait d’un embargo généralisé de la part de l’Occident. Le bras de fer commence.

Sources : Connaissance des Energies

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