EPR de Flamanville : EDF évite un nouveau retard

21.10.2021 | Avec un retard de 10 ans sur la date prévue, le chantier de la centrale EPR de Flamanville semble sans fin. Heureusement, EDF est parvenu à éviter un nouveau gros retard ce mercredi face à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Les difficultés de l’EPR de Flamanville

Accusant de nombreux retards causés par des erreurs ou difficultés techniques, le chantier de la nouvelle centrale EPR de Flamanville connait déjà 10 ans de retard sur la date initiale de son achèvement.
Et comme si ce n’était pas assez, un nouveau motif de retard se profilait déjà : en début d’année, EDF avait signalé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un écart de conception sur des raccordements de tuyauterie.

Cet écart concernait 3 points de soudure dites de “piquages” sur le circuit primaire chargé de transporter l’eau de refroidissement du cœur du réacteur. L’ASN avait alors demandé à l’énergéticien de présenter une solution viable pour pallier le problème.
Mercredi dernier, le verdict est tombé et la solution proposée par EDF a été jugée comme “acceptable” dans le détail par l’ASN.

Pour remédier au problème des soudures, il a été proposé de fixer des colliers aux tuyaux concernés. Le dispositif viserait à limiter la taille d’une brèche en cas de rupture de la soudure d’implantation du piquage.
L’Autorité de sûreté nucléaire demande cependant des éléments complémentaires, une démonstration de l’efficacité du dispositif et a exprimés ses exigences quant à la conception et la fabrication. EDF devra donc mener de nombreux tests sur l’EPR de Flamanville avant d’obtenir l’approbation finale du gendarme du nucléaire.

L’approbation de cette solution est un grand soulagement pour l’énergéticien, car elle lui évite de devoir entreprendre de plus grosses réparations, lesquelles auraient entraîné un surcoût supplémentaire ainsi qu’un nouveau retard. Avec déjà 12 milliards d’euros de dépassement accumulés, on comprend que la nouvelle soit un soulagement.

Le projet EPR en politique

L’annonce a de quoi réjouir EDF, mais pas seulement : elle intervient alors qu’Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de mettre en avant le nucléaire dans la transition énergétique. Sans nouveaux retards, la centrale EPR de Flamanville pourrait être mise en service à la fin de l’année 2022. Un événement qui aurait son importance dans la campagne présidentielle qui commencera bientôt, ainsi que pour les priorités du chef de l’État pour la France de 2030.

De plus, avec le projet de lancer la construction de six nouveaux réacteurs EPR dans toute la France, la réussite de la construction du premier a son importance. Des sites ont déjà été formellement identifiés pour pouvoir accueillir les prochaines centrales.
Emmanuel Macron ne devrait cependant pas se prononcer sur ce sujet avant la publication d’un rapport de RTE sur le mix énergétique.

Sources : La Tribune, Les Echos

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