Énergies renouvelables : et si les EnR remplaçaient le nucléaire en France d’ici 2050 ?

Les énergies renouvelables (EnR) pourraient prendre de plus en plus de place dans le mix électrique français des prochaines décennies. À en croire un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Réseau de transport de l’électricité (RTE) le 27 janvier, il sera possible, pour la France, de répondre à une demande d’énergie importante grâce aux EnR, au point d’éclipser le nucléaire. 

Une alternative envisageable au prix (d’importants) efforts

Ce n’est un secret pour personne, la France est friande d’une énergie nucléaire dont ses voisins se passent de plus en plus. C’est par exemple le cas de l’Allemagne qui souhaite également utiliser moins de charbon, en attestent les EnR, en nette amélioration outre-Rhin. 

Si la tâche semble compliquée, elle n’en reste pas moins impossible. La RTE et l’AIE font les quatre observations suivantes : 

 – « il existe un consensus scientifique sur l’existence de solutions technologiques permettant de maintenir la stabilité du système électrique sans production conventionnelle » ;

 – « la capacité d’un système électrique à approvisionner la consommation en permanence peut être garantie, même dans un système reposant en majorité sur des énergies à profil de production variable comme l’éolien et le photovoltaïque », à condition que « la maturité, la disponibilité et le coût de ces flexibilités doivent être pris en compte dans les choix publics » ;

 – le RTE et l’AIE préviennent entre autres que « le dimensionnement des réserves opérationnelles et le cadre réglementaire définissant les responsabilités d’équilibrage et la constitution des réserves opérationnelles devront être sensiblement révisés » ;

 – enfin, « des efforts substantiels devront être consacrés au développement des réseaux d’électricité à compter de 2030, tant au niveau du transport que de la distribution. »

Tout reste possible donc, à condition que la France pérennise un effort entrepris avec d’autres pays en Europe. Rappelons que 2020 a été concluante pour les EnR qui ont non seulement fait mieux que la production nucléaire sur le vieux continent, mais qui ont également bénéficié de plus de 500 milliards de dollars d’investissements à l’échelle mondiale.

Une « énorme marge d’amélioration » pour les énergies renouvelables

Barbara Pompili, ministre de la Transition énergétique, s’est félicitée de cette publication mettant en avant le nucléaire et revient sur le fait que « jusqu’ici, on avait toutes les difficultés à aborder cette question, car il nous était rétorqué que nous étions de doux rêveurs. »

Ce rapport n’est que le premier d’une longue série de documents et autres retours sur les avancées de la France en termes d’énergie. Dans les prochains mois, l’énergéticien français EDF devra rendre publique une étude sur les coûts de construction de six EPR (réacteurs pressurisés européens) qui devraient voir le jour d’ici d’une quinzaine d’années. 

Le directeur exécutif de l’AIE, Faith Birol, se montre optimiste quant aux perspectives d’évolution des énergies renouvelables françaises sur les prochaines décennies en rappelant que « le solaire et l’éolien représentent aujourd’hui environ 10% du mix électrique et qu’il y a une énorme marge d’amélioration. » Le message est passé.

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