Crise ukrainienne, sanctions contre la Russie et gaz en Europe

23.02.2022 | La crise ukrainienne a pris un nouveau tournant depuis que la Russie a fait entrer ses troupes sur le territoire, dans la partie Est du pays. Les sanctions promises par l’Europe ont immédiatement été mise en place, mais la dépendance des pays européens au gaz Russe limite leur champ d’action. Le Qatar est appelé à l’aide.

Escalade de la crise ukrainienne : les premières sanctions

Dans la nuit de lundi à mardi, ordre a été donné aux troupes Russes d’entrer sur le territoire ukrainien, dans les régions séparatistes de l’Est du pays. Cette transgression de la souveraineté territoriale a provoqué la réunion en urgence d’un conseil de sécurité ainsi qu’un appel de la part du président ukrainien à ses alliés, leur demandant un soutien clair.

Pour l’Occident, la réaction a été de dévoiler les premières sanctions contre la Russie, sanctions promises depuis plusieurs semaines alors que les tensions ne semblaient pas s’apaiser. Leur impact reste cependant limité pour l’instant.

Le premier secteur concerné est celui de la finance. Cinq banques finançant les activités militaires Russes ont ainsi été visées, dont Rossiïa et Promsviazbank. Les États-Unis ont, quant à eux, ciblé deux banques publiques russes : la Vnesheconombank et Promsvyazbank (PSB), jugé “cruciales pour financer l’industrie russe de la défense”.
L’objectif est de d’ébranler, voire démanteler, le réseau financier russe qui finance les activités déstabilisatrices en Ukraine ainsi qu’ailleurs dans le monde.

Bien que pour l’instant mineures, ces sanctions et les difficultés pour l’État russe de refinancer sa dette grâce aux marchés de capitaux occidentaux pourraient finir par peser sur le rouble et sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
La Russie n’est cependant pas encore exclue du système international Swift pour les échanges bancaires internationaux.

Concernant le secteur de l’énergie sur fond de crise ukrainienne, les sanctions ne sont pas encore tombées. Seule la décision de l’Allemagne de suspendre le projet de gazoduc Nord Stream 2 concerne ce secteur, néanmoins il ne s’agit pas d’une décision pénalisante pour l’Europe puisqu’aucune livraison de gaz n’a encore été faite par ce biais.

Pourtant, c’est bien le secteur de l’énergie qui devrait être le plus lourdement touché par les sanctions si l’Europe espère avoir du poids, puisqu’il s’agit d’un domaine crucial pour l’économie Russe.

L’Europe contrainte par sa dépendance au gaz Russe

Malheureusement, avec des imports de gaz russe à hauteur de 40% pour toute l’Europe, prendre des mesures concernant l’énergie semble un pari risqué. Même la France, qui n’est pas aussi dépendante de ces importations que d’autres nations, pourrait souffrir d’un arrêt brutal des approvisionnements.

Les espoirs se sont tournés vers d’autres pays importateurs de gaz naturel, tels que le Qatar. Mais ce dernier avait déjà prévenu que ses capacités de production étaient limitées et qu’en dépit d’une volonté de soutenir l’Occident, il n’avait pas la possibilité d’augmenter rapidement l’approvisionnement vers l’Europe.

Ce mardi, un Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) s’est tenu à Doha. Les représentants des 11 pays membres y étaient présents : Qatar, Iran, Bolivie, Égypte, Guinée équatoriale, Nigeria, Libye, Venezuela, Trinité-et-Tobago et même Russie.
Les discussions, sur fond de crise ukrainienne, visaient à augmenter la production pour l’Union européenne en cas de conflit majeur en Ukraine.

Cependant, contrairement au pétrole dont la production est volontairement limitée, il y a peu de marge de manœuvre pour le gaz naturel et le Qatar rappel qu’il est engagé par des contrats antérieurs auprès de l’Asie.

Les effets immédiats de la crise sur le pétrole

Si aucun changement majeur ne devrait avoir lieu à l’issue du forum de Doha concernant le gaz, la crise ukrainienne a déjà frappé de plein fouet le prix du baril de pétrole. Ce mardi, le cours a grimpé jusqu’à frôler les 100 dollars par baril.

Cette hausse et celle, très probable en cas de sanctions sur les importations russes, du gaz, pourraient pénaliser le pouvoir d’achat des consommateurs européens ainsi que les secteurs de l’industrie.

Sources : Connaissances des énergies, Les Echos

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