Centrales nucléaires : le problème de fissures est inédit

21.02.2022 | En janvier un problème de fissures avait été repéré sur les circuits de plusieurs centrales nucléaires, mettant à l’arrêt des réacteurs importants. Aujourd’hui il est établi que ce problème est parfaitement unique en son genre.

Corrosion inédite et inattendue

2022 sera une année difficile pour EDF qui, en pleine crise de l’énergie, doit faire face à un problème de corrosion sur certains circuits de sécurité de plusieurs centrales nucléaires. La mise à l’arrêt inattendue de 5 réacteurs entraîne une baisse de la production et une tension sur le réseau français, mais surtout un manque à gagner pour l’énergéticien français : environs 11 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation.
Pour le moment, ce ne sont que des estimations, cependant certains pensent que l’impact de la fermeture de 11 réacteurs nucléaires au cours de l’année pourrait être bien plus important pour EDF. Les investisseurs sont inquiets malgré l’injection de nouveaux fond de la part de l’État.

Mais d’où vient le problème exactement ?
La situation est provoquée par une corrosion d’un matériau normalement résistant à ce type d’usure mécanique. Pourtant, des fissures ont été remarquées.
Le directeur du parc nucléaire et thermique d’EDF, Cédric Lewandowski, tient toutefois à rassurer sur l’état des centrales nucléaires concernées : “Ces fissures sont de très faible taille, on parle du millimètre et certaines ne se voient qu’au microscope. À aucun moment on n’envisage un risque de rupture brutale”.

Mais alors pourquoi fermer les centrales en question si les fissures sont si petites qu’elles ne présentent pas un risque de rupture ?

Des centrales nucléaires à l’arrêt

Le risque n’est peut-être pas imminent, cependant il ne faut pas oublier que le problème touche à un système d’injection de sécurité directement relié au circuit primaire du réacteur nucléaire. Autrement dit, un arrêt de ce circuit pourrait conduire à une surchauffe identique que lors de l’incident de Fukushima.

De plus, ce problème de corrosion n’a été constaté sur aucune autre centrale nucléaire dans le monde. Il est ainsi d’autant plus important de faire une mise à l’arrêt préventive et de procéder à des contrôles sur le parc français avant qu’un incident grave ne survienne.
La sûreté est notre priorité absolue. Il n’est pas acceptable d’avoir ce type de fissures en marge du circuit primaire” rappelle monsieur Lewandowski.

EDF a déjà pris la décision d’intégrer à ses programmes de contrôles la recherche de “corrosion sous contrainte” pour répondre à la situation. Du côté de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il a été demandé cette mise à l’arrêt préventive de certaines des centrales nucléaires concernées, ce qui ne signifie pas que les réacteurs sont hors d’usage.

Enfin, c’est l’ensemble du parc nucléaire français qui va être inspecté de près, soit 56 réacteurs au total. Cédric Lewandowski précise que “Par précaution, nous avons décidé d’étendre les recherches de corrosion sous contrainte sur l’ensemble des circuits auxiliaires du circuit primaire”, afin de ne manquer aucun détail.
Quant aux réparations, elles pourraient être longues et contraignantes puisque la recherche d’une solution doit se faire à partir de zéro. EDF pourrait même être obligé de simplement coupé les sections concernées et de refaire toute la tuyauterie à ces endroits-là.

Source : les Echos

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